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Présence de l’UQAC à la conférence de l’AFLS à Belfast

L’édition 2016 de la conférence de l’Association for French Language Studies se tiendra à Belfast, au Royaume-Uni, du 20 au 22 juin prochain. Vincent Arnaud, professeur de phonétique à l’UQAC, et Josiane Riverin-Coutlée, doctorante en phonétique à l’Université Laval et diplômée de la maîtrise en linguistique de l’UQAC, y présenteront une recherche sur la discrimination perceptuelle des voyelles /ɑ/ (barre) et /ɔ/ (bord) devant /ʁ/.

Voici le résumé de leur présentation :

De l’acoustique à la perception : la confusion des voyelles /ɑ/ et /ɔ/ en syllabe fermée par /ʁ/ en français québécois

Vincent ARNAUD et Josiane RIVERIN-COUTLÉE

Si les voyelles /ɑ/ et /ɔ/ sont réputées distinctes en français québécois (FQ), la littérature fait état d’une instabilité, voire d’une neutralisation, de cette opposition en syllabe finale fermée par la consonne allongeante /ʁ/ : ainsi bar et bord tendraient à être prononcés avec un timbre similaire majoritairement diphtongué (Dumas, 1987 ; Martin, 1998 ; Côté, 2012). Ces observations étant principalement fondées sur des jugements auditifs, nous avons cherché à quantifier le degré de confusion entre ces deux classes vocaliques en analysant acoustiquement quelque 560 occurrences en /ɑʁ/ et /ɔʁ/ produites par 40 étudiants universitaires natifs du FQ enregistrés lors d’une tâche de lecture formelle (soit, par locuteur, 14 mots monosyllabiques constituant 7 paires minimales du type tard/tort). Des analyses discriminantes reposant sur différentes combinaisons de la valeur des trois premiers formants relevée à 25, 50 et 75 % de la durée vocalique ont permis d’estimer que le taux de confusion entre les occurrences en /ɑʁ/ et /ɔʁ/ n’excédait pas 20 %.

Puisque toute analyse acoustique constitue une paramétrisation réductrice de la complexité du signal sonore, nous avons confronté les résultats de cette classification automatique à ceux d’un test de perception. Vingt auditeurs natifs du FQ ayant suivi un cours universitaire de phonétique ont pris part à un test d’identification lexicale où les 560 occurrences du corpus devaient être associées aux catégories en /ɑʁ/ ou /ɔʁ/. Les résultats témoignent d’un taux d’identification correcte en congruence avec celui obtenu lors de la classification automatique ; la confusion semble donc quantitativement moindre que ce que suggère la littérature, du moins en parole formelle. Les résultats d’une régression logistique indiquent également une asymétrie parmi les identifications incorrectes : les mots en /ɔʁ/ ont été plus fréquemment associés à la catégorie /ɑʁ/ que l’inverse. À notre connaissance, la littérature n’avait jusqu’alors pas laissé transparaitre une telle dynamique.

Références

  • Dumas, D. (1987). Nos façons de parler. Sillery : Presses de l’Université du Québec.
  • Côté, M.-H. (2012). Laurentian French (Quebec) : Extra vowels, missing schwas and surprising liaison consonants, dans R. S. Gess, C. Lyche & T. Meisenburg (dir.), Phonological Variation in French. Illustrations from Three Continents. Amsterdam : John Benjamins Publishing, 235-274.
  • Martin, P. (1998). Dynamique vocalique en français du Québec. La linguistique, 34(2), 67-76.

Mise à jour : 11 septembre, © Unité en linguistique et en langues modernes, UQAC, Québec (Canada)